| Souffrance au travail | | Version imprimable | |
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Les évènements dramatiques à France Télécom sont révélateurs d'une crise profonde du travail. Pour des millions de Français, la souffrance au travail est une réalité de chaque jour. Nous savons tous que c'est l'organisation du travail qui génère cette crise. L'intensification du travail (faire toujours plus avec moins), une gestion des ressources humaines déconnectée de l'humain, l'individualisation et la mise en compétition permanente des salariés sont à l'origine de l'explosion des risques psycho-sociaux.
Face à cette situation, le groupe UMP, après avoir refusé la commission d'enquête parlementaire demandée par le groupe socialiste a décidé de rendre publique ses propres propositions. Le président de groupe UMP a précisé dimanche qu'il ne souhaitait pas une loi mais seulement des recommandations de bonne pratique, une sorte de charte éthique. Ainsi, pour la majorité de cette Assemblée, c'est toujours la même réponse : quand il faut obliger les gens à travailler le dimanche, c'est la loi qui l'impose, quand il faut limiter les droits des chômeurs ou instaurer les franchises médicales, c'est la loi qui l'impose, mais quand il s'agit de limiter les retraites chapeaux ou les bonus, alors le simple code de bonne conduite du MEDEF suffit. Permettez-moi de vous rappeler les propos de Nicolas Sarkozy le 15 juin 2009 à Genève à l'OIT : « Une norme qui n'est pas obligatoire n'est pas une norme. C'est une recommandation, c'est un conseil, c'est une feuille qui s'en va dans le vent ». Voilà pourquoi le Parti socialiste rend publiques aujourd'hui ses propositions pour travailler mieux pour vivre mieux. Nous souhaitons une généralisation et un renforcement des pouvoirs des comités hygiène et sécurité, la création de conseils en prévention, une réforme profonde de la médecine du travail, une meilleure indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles, un véritable droit d'expression des salariés sur les conditions de travail. Monsieur le Premier Ministre, le gouvernement est-il prêt à présenter au parlement un projet de loi pour lutter contre le fléau de la souffrance au travail ? |