| Réforme des retraites | | Version imprimable | |
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Le Gouvernement veut remettre en cause l'âge légal soixante ans, à partir duquel on peut prendre sa retraite. Or nous savons que seulement 40 % des plus de cinquante-cinq ans sont en activité et que la première conséquence sera de laisser au chômage, au RSA ou sans rien pendant un an, deux ans, voire trois ans de plus, ceux qui sont déjà en grande difficulté.
Mais le débat porte aussi sur la deuxième borne d'âge, c'est-à-dire la remise en cause du droit à partir à soixante-cinq ans sans abattement, même si on a fait une carrière incomplète. Or le Gouvernement veut aussi reporter à soixante-six, soixante-sept, soixante-huit ans cette possibilité, ce qui va frapper le plus durement ceux à qui la vie n'a pas permis de faire une carrière complète, au premier rang desquels 80 % de femmes. Interrogé par Catherine Coutelle, monsieur le ministre du travail, vous affirmez vouloir traiter les causes avant les conséquences, je vous répondrai : le problème c’est que vous allez d’abord aggraver les conséquences. Ma première question est donc simple : le Gouvernement envisage-t-il de remettre en cause le filet de sécurité du droit de partir à soixante-cinq ans à taux plein ? Pour préparer l'avenir, le Gouvernement de Lionel Jospin avait créé le fonds de réserve des retraites. Ce fonds, qui dispose aujourd'hui de 34 milliards d'euros, a été quasiment ignoré par tous les gouvernements de droite depuis 2002. Je sens bien que l'oeil du comptable s'éveille à l'évocation de ces 34 milliards. Vous êtes devant ce fonds comme un enfant devant un pot de confiture et vous allez y mettre la main. Vous nous parlez souvent de courage. Aujourd’hui, le courage c’est de ne pas céder à la tentation, à la facilité de vider la caisse du fonds de réserve qui est destiné à garantir les futures retraites. Ma seconde question est donc aussi précise : qu'allez-vous faire du fonds de réserve des retraites ? |